Accéder au contenu principal

Des enseignants expérimentés dans les zones difficiles, du bon sens, non ?

Nouvelles propositions du candidat Hollande pour l’éducation, elles sont au nombre de six, et pour au moins une d'entre elles, on peut dire que l'idée est forte.

Dans le cadre du développement de l'emploi au sein de l’éducation nationale, là où l'état s'est désengagé depuis cinq ans, l'idée est bien de renforcer les équipes pédagogiques en priorité dans les zones sensibles.

C'est dans ces zones sensibles, que le paradoxe français veut qu'on envoie les jeunes professeurs. Sans expérience, sans recul nécessaire le jeune enseignant fait "ses armes", essaye d'appliquer ce que son cursus professionnel lui a appris. Mais le problème, chacun le connait bien, c'est la roulette russe des affectations une fois diplômés. Qui n'a pas connu ce jeune professeur de français qui durant deux à trois ans, souvent plus, traversa la France pour tenter de tenir ses premières classes.

Combien sont-ils à abandonner chaque année ? Du coup, la proposition du candidat Hollande semble trouver sa place très logiquement.

Un jeune désabusé, en pleine désuétude, n'a t-il pas besoin du regard d'un adulte mur, qui puisse lui apporter toute son expérience d'une vie passée ? Le jeune enseignant est bien souvent à peine plus agé que les adolesents à qui il enseigne. De même dans nos écoles primaires et maternelles, nous sommes nombreux ces jeunes parents à nous étonner du jeune âge du professeur d'école qui va s'occuper de nos enfants.

Aussi, comme dans tout métier, il faut bien commencer son apprentissage professionnel. Mais commence t-on par les pans les plus difficiles de notre métier, n'est -il pas plus raisonnable de penser qu'il puisse y avoir des volontaires confirmés qui puissent être intéressés par ces objectifs pédagogiques plus difficiles.

Il sera suremment fortement question dans ces prochains jours de commentaires positifs pour les uns, négatifs pour les autres, le débat est en tout cas lancé.

Commentaires

  1. Mouarf, reste à savoir qui des enseignants expérimentés voudra aller au casse-pipe...
    Ah ah ah...
    Ben ouais, quand t'es expérimenté t'as passé l'âge de ces conneries comme dirait le pote de Gibson.
    Perso tout ça me fait marrer, je te foutrais une discipline d'enfer, le premier qui bronche, lave les chiottes avec son compas (aiguisé je précise). Y'a que ça qui marche.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ...mais Vlad mon ami ^^, peut être qu'au sein de cette société qui s'individualise de plus en plus, y a encore des gens qui veulent encore aider, être solidaires... Et je crois que c'est au sein de cette profession qu'on trouve encore le plus de gens qui ont une vraie vocation, l'envie d'enseigner "aux autres"...

      Qui dit expérimenté, ne veut pas dire vieux con égoïste...

      Supprimer
    2. C'est vrai, prof c'est une vocation j'en suis persuadé. Moi-même j'adore transmettre un savoir, c'est gratuit et ça fait plaisir à tout le monde. Il y a des gens formidables pleins d'abnégation et qui souhaitent aider leurs semblables, sûr. Mais combien ? Je suis très dubitatif, les saints ne courent pas les rues.

      Supprimer
    3. Il y a un besoin réel, auquel il sera difficile de répondre dans son ensemble, mais il faut déjà gérer l'urgence, les priorités...

      Supprimer
  2. Ah Vlad, comme votre commentaire est drôle :) L'autorité, à mes petits yeux de professeur débutant, passe par bien d'autres choses que les punitions. Je crois personnellement qu'il y a plutôt un côté théâtral, un jeu de séduction (en tout bien tout honneur bien sûr) et surtout de conviction dans ce que l'on enseigne. Pour l'instant, ça marche pour moi.

    Pour en revenir au sujet de l'article, je suis dubitatif quant à la possibilité effective d'appliquer cette proposition. Comment inciter (qui a dit forcer ?) les "vieux" profs à demander les postes en établissement difficile ? Je pense que la rémunération n'y fera rien (je n'ai pas fait prof pour le fric, sinon j'aurais été ingénieur). Peut-être la promesse de n'avoir que peu d'élèves dans chaque classe (ie - de 25...) ou encore d'être à deux adultes par classe ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, justement ça fait parti des six nouvelles propositions apparemment...
      Selon l'article de leMonde.fr F.Hollande souhaiterait "Augmenter le nombre des adultes dans les établissements les plus difficiles""ne pas laisser un professeur seul. Nous avons besoin d'équipes, de lien entre les enseignants, les associations, les assistantes sociales, les médiateurs"
      Et la bonne vieille mesure de l'ancienne candidate de 2007 "Il veut dans les établissements difficiles des fonctionnaires de l'éducation nationale spécialement formés, et qui travailleront sous l'autorité du chef d'établissement.

      Voilà ça me semble devenu une nécessité, plus que la police dans les établissements, il faut plus de moyens humains...

      Supprimer
  3. @Modulo
    Nous sommes d'accord, qui va accepter ?
    Enrôlons des profs taulards de force, genre les douze salopards..

    RépondreSupprimer
  4. ALERTE - Perte imminente AAA: Sarkozy réunit ses principaux ministres.

    PARIS - Le président français Nicolas Sarkozy a convoqué vendredi le Premier ministre François Fillon et les ministres de l'Economie François Baroin et du Budget Valérie Pécresse pour une réunion sur la perte attendue de la note AAA de la France, ont constaté des journalistes de l'AFP.

    Une source gouvernementale européenne a indiqué à l'AFP que l'agence américaine Standard and Poor's avait décidé de dégrader d'un cran la note triple A de la France, tout en maintenant celles de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg.

    (©AFP / 13 janvier 2012 19h17)

    RépondreSupprimer
  5. Enfin dommage que le PS ait renoncé à vrai projet de gauche : qu'il n'y ait plus (ou moins) de zones sensibles. Même dans un programme présidentiel ils n'osent prétendre à autre chose que gérer la débâcle.

    RépondreSupprimer
  6. Je me permets de relancer la remarque faite plus haut, quoique de manière moins ironique. Je suis militant PS et enseignant, mais dans le supérieur - donc a priori pas concerné.

    Par quelles modalités va t-on inciter/obliger des profs de 35-40 ans à bouger, qui plus est en zone difficile ?
    Entre 25 et 30 ans, on peut s'attendre à ce qu'ils fondent une famille, aient un conjoint qui ait un emploi stable, achètent un logement à crédit. Ca n'est pas jugement de valeur, juste un constat statistique... et à 35 ans, on leur dit : ok le conjoint tu démissionnes, tu vends ta maison, et tu pars à Bobigny, tu verras un F3 coute le même prix que la maison en banlieue de Caen/Metz/Limoges/Calais/Digne/Perpignan.

    En tant que militant PS, j'ai participé à nombre de débats sur le sujet depuis 2 ans, dans le cadre de l'élaboration du projet PS. Ca fait longtemps qu'on bosse sur le sujet. Nous avons réfléchi à tous les chausse-trappe, depuis longtemps ; ça fait des mois et des mois que le PS négocie tout ça avec les syndicats. Par pitié, présentons au public des solutions propres et complètes, car là on pourrait avoir l'impression que FH a eu l'idée pendant les vacances de Noël.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La mobilité professionnelle (non-subie) est beaucoup plus développée dans les grands groupes (privé) où l'on sait la mettre en oeuvre.

      Il est question de payer le loyer du logement, de différentes indemnités, voire de l'embauche du conjoint dans certains cas... Il ne faut surtout pas que ça soit subi, mais sur la base du double-volontariat. Les salariés concernés rentrant dans un véritable projet professionnel.

      Supprimer
  7. De nombreuses catégories de fonctionnaires sont mobiles, alors pourquoi pas les profs ? Ceci dit pour le coup c'est souvent plus subi que voulu... Je me demande s'il n'est pas possible qu'une mobilité locale soit suffisante - enseigner en banlieue de Caen plutôt qu'en centre de Caen par exemple ? Pas forcément besoin de s'exiler très loin... Reste que le système d'attribution de postes à l'ancienneté serait à modifier.

    Mais bon je reste sur mon idée exprimée plus haut, le fond du problème n'est pas l'école. Certes elle pourrait mieux résorber les inégalités sociales et culturelles, mais quand on voit notre société, ça revient à vider la mer à la petite cuillère. Les différences entre quartiers d'une même ville sont telles... Dommage, les émeutes de 2005 auraient du faire prendre conscience de ce fossé...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, beaucoup de retard pris depuis 2005, reste que l'effort à accomplir reste un réel besoin. Il faut certainement une prise de conscience plus collective qui ne dépend pas seulement de l'organisation du travail à l'école. Mais il me semble que l'état doit être force de proposition pour embrayer une inertie bien nécessaire, qui manque aussi parce que votre profession à été l'objet de nombreuses attaques par le pouvoir politique en place.

      Il me semble que les proposition de F.Hollande qui ne s'arrêtent pas à la mobilité permettent de restaurer le dialogue avec les équipes pédagogiques (enseignants, associations, médiateurs, assistantes sociales...). On compte sur vous.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Modérez vos commentaires !

Posts les plus consultés de ce blog

[Copé doit virer] Vers une raclée historique de la droite

J'écrivais en commentaire d'un billet du blog "Partageons mon Avis" que Copé fait du Sarko. Qu'il faudrait continuer à dénoncer cette façon de faire de la politique, et que cela explique selon moi en partie les raisons de la défaite du président sortant. Que cela pourrait expliquer l’échec de la droite aux prochaines législatives de Juin.

Copé n'a pas sa place à la tête de l'UMP

La "droitisation" des discours des leaders de la droite dite républicaine, dans l'espoir de récupérer l'électorat du Front national, est un flagrant échec, et persister dans cette stratégie est une grave erreur.

Je me demande si J-f Copé a bien sa place à la tête de l'UMP, quand il accuse les français fêtant la victoire de F.Hollande de ne pas porter assez de drapeaux français !? Qu’espère t-il encore sinon de se rabaisser à tenter de récupérer une fois de plus l’électorat de Marine le Pen. C'est juste lamentable. Faut-il rappeler que ce vote d’extrême dr…

Moins on en sait, mieux c'est...

Je rentrais du boulot quand j'ai entendu cette annonce à la Radio : le nouveau programme de sciences économiques est en consultation, et "le chômage" disparait des manuels scolaires.

Alors une fois rentré, je m'installe devant le clavier et tente de me renseigner.

Et j'apprends que le nouveau programme de seconde en sciences économiques et sociales (SES), est à l'étude jusqu'au 12 Mars par le ministère de l'éducation nationale. Il est question d'enlever des thèmes abordés par les professeurs, qui font l'objet d'explications aux élèves sur les questions de société, d'emploi, de discrimination, de précarité, des inégalités de revenus, de la valeur ajoutée et sa répartition ou encore des conditions de travail...

L'association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses), déplore que"le ministère ait demandé d'enlever des questions comme la discrimination à l'emploi ou le chômage et imposé deux fois celle du ma…

L'avenir/la fin du nucléaire est avant tout politique

300 tonnes/jour d'eau radioactive rejetée dans l'océan Deux ans après la catastrophe de Fukushima, on cherche mois après mois à estimer la quantité d'eau contaminée qui se déverse dans l’océan pacifique.  On sait très exactement l'estimer, mais la pression est forte au Japon depuis les dernières élections de décembre dernier pour minimiser l'impact. Face à l’inquiétude de la population et la mobilisation des associations anti-nucléaire, le gouvernement Japonais a officiellement communiqué ce 7 Août, le chiffre de 300 tonnes/jour d'eau radioactive rejetée dans l’océan. C'est la veille, que la NRA, l'autorité de régulation nucléaire Japonaise, déclarait Fukushima en "situation d'urgence".
C'est donc contraint que le nouveau premier ministre Shinzo Abe , a admis "un problème urgent qui suscite beaucoup d'inquiétude dans la population"il ne pouvait dire moins que ça ! Issu du Parti libéral-démocrate de droite, il prône le redé…