Le programme de F.Bayrou est celui de N.Sarkozy

"En lisant son programme, je suis saisi par la peur du vide", c'est l'amabilité qu'avait asséné François Hollande à François Bayrou il y a de cela quelques jours. Une sorte d'escarmouche en réponse à cette complainte si typique du candidat centriste, qui consiste à jouer la victime de la bi-polarisation de la vie politique en France.

Le candidat du PS semblait rappeler que si la campagne du candidat du Modem n’intéressait pas, c'était surtout parce qu'elle n'était pas intéressante.
Que le programme de F.Bayrou ressemble beaucoup trop à celui de N.Sarkozy, avec le gel des dépenses de l'état, l'augmentation de la TVA, etc..


Du coup, faute de propositions qui soient séduisante pour l'électorat, François Bayrou reprend la stratégie de Nicolas Sarkozy, qui consiste à aller sur le terrain des valeurs, en donnant la parole au peuple. Quelle belle idée que ce recours au référendum, une idée en vogue que F.Bayrou n'hésite pas à exploiter, à s'accaparer.

De l'opportunisme en politique, il semble bien qu'il faille en avoir, la proposition est forte mais n'était pas divulguée lors de la présentation du programme. Soyons pragmatiques, il n'est jamais tard pour bien faire. En proposant de mettre en place un référendum dès les législatives de Juin, F.Bayrou marque les esprits.

Et on retrouve un patchwork de propositions qui ne sont pas vraiment nouvelles, déjà avancées par d'autres candidats, et qui peuvent séduire un large éventail de l'électorat. On retrouve le non cumul des mandats, la réduction du nombre de ministres et de parlementaires, la reconnaissance du vote blanc, la suppression des micros-partis. Interrogerait-il les français sur chacune des propositions, ou en posant la question, sont-ils pour une moralisation de la vie politique ? La question semble absurde, tant le consensus pour que de telles modifications est évident.

Nous sommes donc dans la même manœuvre électoraliste que celle de Nicolas Sarkozy, qui consiste à donner l'impression que la candidat est proche du peuple alors que le fond de son programme (augmentation de la TVA, etc..) n'est pas populaire au sein de l’électorat. En posant une question à laquelle une très forte majorité peut répondre "oui", on augmente le sentiment d'adhésion. Comme on dit "La ficelle est un peu grosse".

Commentaires

  1. Comme François Bayrou l'a dit dans son discours : "Il est vain de demander à l'assemblée de réformer l'assemblée. Il est vain de demander au sénat de réformer le sénat." Bref, il est vain de demander aux politiques de changer leur manière de faire de la politique. C'est pourquoi il faut s'adresser directement au peuple de France. Le referendum a ici tout son sens. Par ailleurs je n'ai pas entendu d'autres candidats annoncer pour aussi tôt la fin des micros partis.

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  2. c'est sur que le but de Bayrou n'est pas d'attirer les électeurs en leur faisant miroiter la lune (emplois aidés, taux de croissance pêchés nul ne sait où...). Il ne les prends pas pour des gogos. Du coup, une fois élu, il ne risque pas d'éloigner plus encore les Français de la politique en raison de promesses non tenues
    quant aux 12 points de son référendum (oui/non à l'ensemble ou point par point?), effectivement, d'autre les proposent, mais qui les mettrais effectivement en place? faudra-t-il attendre 5 ans pour avoir la proportionnelle? 5 ans pour interdire le cumul des mandats?
    L'avantage de Bayrou est qu'il n'a pour l'instant pas de députés à froisser en restreignant leur nombre, ou en leur interdisant le cumul des mandats. Il est donc pleinement libre d'agir.

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  3. Petite remarque sur "la proposition est forte mais n'était pas divulguée lors de la présentation du programme."

    C'était précisément l'objet de la réunion de samedi : la présentation de la 4ème partie de son programme (4 thèmes, 4 forums : Economie, Education, Solidarité, Démocratie). Il est donc assez logique qu'il ait fait quelques propositions fortes sur la démocratie française ;-)

    Par ailleurs, la réduction des dépenses publiques et l'augmentation des recettes (50 milliards de chaque côté) ne sont pas à proprement parler un "programme" ou une "proposition" : c'est un constat d'évidence, de nécessité, celle de l'équilibre recettes / dépenses pour assurer l'indépendance de la France face aux marchés financiers.

    Que cela ne soit défendu que par F. Bayrou (c'est vrai pour l'équilibre budgétaire comme pour la moralisation de la vie publique) est atterrant sur l'aveuglement volontaire, ou la tentative de mystification, de ses concurrent(e)s. Comme en 2007, d'ailleurs, et hélas.

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    1. @FrédéricLN,

      Il "promet" l'équilibre budgétaire pour fin 2015 comme la plupart des candidats...

      L'anonyme,

      L'argument est bon, il est vrai.

      Benoitdd,

      Difficile de gouverner sans majorité à l'assemblée...

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