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N.Sarkozy se joue de la précarité

Ce n'est pas qu'il se moque, ou qu'il se réjouisse de situations précaires que peuvent rencontrer les français en situation de vie difficile, mais le président sortant, candidat à sa propre réélection instrumentalise la précarité salariale et le revenu de solidarité active à des fins électorales.

Depuis plus d'une semaine maintenant que le locataire de l'Elysée est candidat déclaré, il s'étale dans les médias, dans les interviews il fustige ses adversaires, sans jamais être directement confronté à ses opposants. Il n'en finit plus de lancer sa campagne sans jamais rencontrer ses contradicteurs. Ce mercredi dans une nouvelle interview lors du JT de France 2 il a avancé ce que les medias ont faussement appelé les "nouvelles" propositions du candidat.

En réalité, la suppression de la prime pour l'emploi est une vieille idée à droite, obliger les bénéficiaires du RSA à travailler pour la collectivité l'est également.
Supprimer les retraites chapeaux ? L'obligation de divulgation des salaires des patrons ? Autant de propositions déjà formulées par ce même candidat depuis 2007, pourquoi ne pas les avoir mises en oeuvre avant ?
Rien de nouveau donc, sauf qu'ici elles permettent à nouveau de relancer la machine à promesses bien démagogique du candidat UMP. En avançant des vraies fausses solutions prétendant résoudre des problématiques qui touchent les plus précaires d'entre nous, Nicolas Sarkozy se joue des français.

En appuyant sur ce qu'il n'hésite plus a appeler l’assistanat, s'imaginant que les collectivités locales réussiraient à trouver 1.8 millions d'emplois aux allocataires du RSA, là où le pôle emploi échoue, le président candidat travestit la vérité, son idée est surtout de réduire la portée de ce dispositif de solidarité en précarisant encore plus une partie de la population active qui est déjà en difficulté. Déjà parle t-on avec cette modification du RSA, de réduire l'indemnisation de ce dispositif à 18 mois.

Si cette mesures si populiste, qui consiste à laisser entendre que les chômeurs sont responsables de leurs situations, est "la" solution, pourquoi ne pas l'avoir appliquée avant ? La situation du chômage s'aggravant de mois en mois, les derniers chiffres montrent encore une augmentation en ce début d'année. Ici, c'est le président sortant qui est coupable.

La fin de la PPE, de la prime pour l'emploi, dans quel but ?

Avec cette proposition, on a l'impression de voir le retour du Président du pouvoir d'achat. Qui pourrait être contre une augmentation des bas salaires ? Mais de quelle augmentation parlons nous ? D'un montant moyen de 475€/an, les bénéficiaires de la PPE verraient donc augmenter leurs salaires mensuels en moyenne de 40€. La suppression de la PPE ne permet pas de financer la suppression de cotisations pour les 7 millions de salariés concernés, comment finance-t-on la différence ? Avec la TVA sociale ? N'oublions pas que la mesure est déjà annoncée en application pour octobre prochain, elle doit surtout servir à faire baisser le "coût" du travail, en fait un cadeau électoral de plus au patronat.

Allons-nous financer la suppression de cotisations sociales sur les salaires sur la part patronale par la consommation, et également supprimer le financement de la protection sociale, pour permettre de pseudo et éventuelles augmentations de salaire en s'appuyant également sur la consommation ? Cela semble risqué, tant nous ne maitrisons pas les perspectives de croissance,  la consommation devenant le facteur majeur nécessaire au financement de la protection sociale. Hasardeux, risqué, pour ne pas dire dangereux.

En prétendant vouloir réduire la "précarité" du salariat, Nicolas Sarkozy a surtout en tête l'assouplissement du droit du travail. Avec ces dispositifs, le seul bénéficiaire en réalité est le monde de l'entreprise qui, par ces quelques mesures, réussit à baisser le coût du travail sans contre-partie.

Nicolas Sarkozy se joue de la précarité.

Commentaires

  1. Un sondage indiquerait que 72% des français trouveraient normal que les bénéficiaires du RSA travaillent 7 heures par semaine car ces gens seraient des profiteurs . On oublie de souligner le montant de cette allocation et le fait que les gens qui la perçoivent ont certaines obligations de recherche d'emploi. Parmi ces "profiteurs" on trouve aussi ceux qui sont presque à la retraite car, s'il est vrai que l'espérance de vie nous permettrait de travailler plus longtemps, les employeurs ne se bousculent pas pour employer des gens qui ont plus de 50 ans.
    Il est facile de faire peser le poids du chomage sur la population et ainsi opposer le travailleur au chomeur mais le chomage concerne les deux camps.
    On peut travailler aujourd'hui et se trouver au chomage demain.
    La solidarité entre travailleurs actifs ou pas ne doit pas disparaitre.
    Pour moi une question reste posée, la TVA sociale sensée payer les cotisations puis l'élimination de la prime à l'emploi remplacée par les charges salariales, ne sommes-nous pas tout simplement en train de nous diriger lentement mais surement vers une prochaine fin de notre protection sociale ?

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  2. Merci de ne pas laisser de commentaire sans s'identifier, j'effacerai le prochain...

    Pour ce qui est du sondage, pareil nous aimerions avoir les sources de cette information...

    Reste qu'une mesure populaire ne veut pas dire qu'elle est juste ! Si il avait fallu ne pas voter toutes les mesures impopulaires de l’ère Sarkozy, aucune n'aurait été votée.

    Il n'y a pas des "profiteurs", mais une partie de la population active à la recherche d'un emploi. Enfin, effectivement nous nous dirigeons avec ce genre de mesures, vers une réduction de la protection sociale, pour favoriser les assurances privées... C'est le but.

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