Qu'annoncera t-il encore pour récupérer l’électorat FN ?

La presse critique ce matin les ultimatums lancés par Nicolas Sarkozy à l'Europe. Il y a la méthode qui consiste à instrumentaliser l'Europe à des fins électorales, et il y a le fond des propositions qui révèle un choix d'une certaine Europe.

De laborieux sommets, durant de nombreuses années, ont mis en évidence que l'Europe des conservateurs, de la droite Merkozy, n'était pas solidaire, qu'on préférerait instaurer l'austérité, la récession.
Alors il est plutôt coquasse aujourd'hui de voir critiquer la volonté de François Hollande de changer un traité mal ficelé de discipline budgétaire, en faisant croire que ce n'est pas possible, quand dans le même temps, Nicolas Sarkozy se propose de modifier lui aussi d'importants traités européens.

Passons sur le protectionnisme emprunté à des Montebourg et autres gauchiste, des mesures qu'il n'a pas voulu mettre en oeuvre jusque là, alors que notre pays présente un déficit commercial historique depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir.

Qu'a t-il fait sinon de libéraliser l'organisation du travail en France, de baisser l'impôt des plus riches, sans jamais mettre en oeuvre des mesures qui auraient permis réellement de garder nos industries. Prétendre aujourd'hui que c'est à l’Europe de décider, sans quoi il faudra décider à sa place, c'est simplement ne pas prendre ses responsabilités.

Et il enfonce le clou, rien ne se ferait dans les 12 prochains mois dit-il.

Nicolas Sarkozy a maintenant 40 jours pour nous expliquer comment il prévoit sortir la France de ses difficultés, mais souhaite emmener les débats de la présidentielle sur les questions européennes ? J'appelle ça botter en touche !

C'est là que son discours pose un gros problème, que j'ai qualifié dans mon précédent billet de "malhonnêteté intellectuelle".

Quand il avance avec force devant 50 000 personnes que l'immigration est la cause au problème de financement de la protection sociale, Nicolas Sarkozy est dans la manipulation de l'opinion publique, il essaye de tirer un lien entre un problème de politique intérieure qu'est le financement de notre protection sociale, et la problèmatique de l'immigration mal controlée.

Des certitudes à rappeler quand même, quand le déficit de la sécurité sociale qui s’améliore est de 18 milliards d'euros, l'état exonère pour plus de 25 milliards de cotisations sociales. Le bouclier fiscal qui incorporait la CSG coûta à Bercy près de 10 milliards par an. Il faut relativiser les chiffres.

Pour ce qui est de l'immigration en France et en Europe, nous sommes loin de l'invasion qu'on laisserait presque croire aux esprits faibles. En réalité, en Europe il y a un flux migratoire de moins de 5 millions d'individus, quand en France nous recevons seulement 187 000 personnes par an.

Autant dire que beaucoup a déjà été fait sur cette question, que si réellement l'Europe doit se doter de nouvelles règles, d'un nouveau fonctionnement à ses frontières, c'est à la commission européenne de proposer une alternative, qu'il y a des élections européennes pour ça. Puisque Nicolas Sarkozy ne semble pas savoir quoi faire en cas de défaite, pourquoi ne va t-il pas militer à Bruxelles puisque la question européenne semble autant l’intéresser.

Dans l'immédiat, il lui reste 40 jours pour convaincre l’électorat qu'il a des solutions à apporter au pays, tous les moyens semblent bons pour y arriver, même les plus honteux.

Commentaires

  1. Sans compter qu'il promet des trucs déjà en cours (voir mon dernier billet).

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  2. Vivement qu'il s'en aille.

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