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[Législatives] L'accord PS-EELV doit faire réfléchir le Front de gauche

Faut-il s'indigner maintenant du manque d'accord national entre le Front de gauche, EELV et le PS pour les législatives ? Doit-on y voir un signe d'hégémonie politique du PS ? Ou plutôt un manque de concertation dans un calendrier électoral resserré ?

 La consternation de Jean Luc Melenchon est un peu disproportionnée à mon goût. Certes, il faut faire barrage au FN quand les candidats de gauche sont pressentis trop faibles pour se maintenir, et il faut saluer encore le retrait unilatéral du parti de gauche dans deux circonscriptions à risque pour la gauche (7e de Moselle, 1er de l'Aube).
"Nous avons décidé de montrer que le rassemblement à gauche était possible en nous retirant unilatéralement de deux circonscriptions particulièrement critiques", précise le parti. "Nous faisons ce geste sans aucune contrepartie, comme notre appel à battre Nicolas Sarkozy entre les deux tours"

C'est ce qu'il fallait faire parce que la tambouille électorale, les petits arrangements qui découleraient d'un pseudo accord national à trois semaines du premier tour, pourraient être très mal interprétés. L’électorat comprendrait-il vraiment que l'on puisse s'arranger les postes de l'assemblée nationale ? J'entends déjà l'opposition UMP...

De plus, on peut comprendre que le parachutage des candidats du Front de gauche avec les retraits de candidature d'EELV ou de candidats socialistes soit difficile à négocier à moins de trois semaines du scrutin (1er tour, le 10 Juin) quand ces derniers sont en accord depuis près de six mois.

N'y aurait-il pas eu encore un peu plus de dissidence avec le maintien de certains candidats pas contents ? Alors qu'on devine qu'au PCF certains ont déjà des regrets : "Dans la répartition au sein du Front de gauche, il n'y avait pas d'accord entre le PCF et le PG".

Par contre, l'exemple de l'accord avec EELV devrait faire réflechir les leaders du Front de gauche, qu'ils comprennent que l'unité, le rassemblement pour la conquête du pouvoir se fait au prix de compromis politiques, de jeux d'alliances, et qu'on aimerait à l'avenir que la famille de gauche soit en ordre de bataille, clairement "chapottée" de la présidentielle aux législatives. Que tout cela soit bien défini à l'avance.

Si il y a bien un regret à avoir, c'est effectivement de constater qu'on puisse prendre le risque, même faible, de voir se constituer un groupe de députés FN à l'assemblée nationale. Si FG et PS se renvoie la responsabilité, on peut penser aussi que cette perspective ne les dérangeait pas tant...

Commentaires

  1. Oui Oui, JLM devrait sans doute renoncer à refaire la match de la présidentielle, et limiter la musculette. Plus utile pour avancer. Mais accord sans se renier avec le FDG utile. Possible encore sur le plan électoral en cours de campagne et sur le plan politique

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  2. Le sondage du JDD donnant Mélenchon gagnant à Hénin-Beaumont semble nous montrer quelle stratégie entend conduire le Front de Gauche durant 5 ans.

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  3. "la famille de gauche en ordre de bataille" ????
    le FdG, demande ça depuis 2011 pour les législatives, faut pas pousser non plus.
    sauf que le PS essaye de scinder le FdG pour écarter le PG, qui peut lui être des fois hostile.

    c'est de bonne guerre, mais qui joue avec le feu au lieu de rassembler?

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  4. Justement, le Front de gauche était disposé à s'accorder avec le PS pour battre le FN, sans aucun préalable ni allégeance programmatique. Mais avec équité, c'est-à-dire en prenant en compte le rapport de forces issu du dernier scrutin.

    Donc ta comparaison FDG-EELV est hasardeuse parce ce dernier a préféré renier une bonne partie de ses idées pour avoir l'assurance d'un groupe parlementaire en s'alignant sur le PS.

    Je pense que le PS préfère avoir la majorité absolue à lui tout seul (ou avec ses vassaux EELV-PRG et MDC) plutôt que de devoir composer sur chaque texte de loi avec un groupe Front de gauche charnière. Et même au prix que l'Assemblée nationale compte des députés FN.

    Dis-toi bien que le PS ne veut pas sur sa gauche d'une force politique indépendante, susceptible à terme de le concurrencer. Il préfère avoir des alliés dociles, quitte à sacrifier quelques militants et élus locaux.

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    1. Non, je crois que la stratégie d'EELV est plus payante, pour que ce parti puisse porter ses idées à l'assemblée. Demander aujourd'hui à trois semaines des législatives de négocier peut aussi être interprété comme un renoncement, un reniement... Le FN est instrumentalisé...

      Nous n'étions pas présents lors des négociations, nous ne pouvons donc que interpréter. Mais il apparaît aux dires de certains communistes présents lors de ces réunions, qu'un accord était sur le point d'être signé. Et que ce sont eux qui payent le prix du rassemblement "Front de gauche".

      J’espère juste que localement des députés communistes arrivent en bonne position, même faute d'accord, pour réussir à se constituer malgré tout un groupe à l'assemblée...

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