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Chantage de Compétitivité Vs sécurisation de l'emploi

Le premier ministre s'est rendu à l'université d'été du MEDEF, l'occasion pour la présidente L.Parisot du premier syndicat des patrons de rappeler ses attentes en terme de politique publique pour relancer la compétitivité des entreprises françaises.

Et là, on mesure le manque de réalisme de celle-ci, réclamant des allègements fiscaux,  des baisses de charges, dans un contexte de crise de la dette où les engagements pris par la France pour réduire ses déficits sont importants.
L’assistanat du monde de l'entreprise est nécessaire, en vouloir toujours plus, ouvrir le robinet des dépenses au nom de la baisse du coût du travail, seul levier selon eux pour relancer la compétitivité, est un miroir aux alouettes.

La démarche de Jean-Marc Ayrault n'est pas anodine, en tentant de mobiliser les patrons, le premier ministre  rappelle qu'il faut aux syndicats des patrons et des salariés accélérer le rythme des négociations pour trouver un accord sur la réforme de sécurisation de l'emploi voulue par F.Hollande.

B.Thibault, le numéro un du premier syndicat de France chez les salariés, estime lui qu'il sera "très difficile" de trouver un accord avec le MEDEF.

Comment pourrait-il en être autrement ? Le gouvernement devra trancher. 

La pression du MEDEF est constante et quelque soit le gouvernement en face.
Doit-on rappeler ce que sont les accords de compétitivité obtenus par une loi votée par le gouvernement sortant juste avant son départ ?

Ce type d'accords consiste à faire évoluer les relations professionnelles, aujourd’hui fixés nationalement, par un accord soi disant négocié dans l’entreprise sur le temps et les horaires de travail, sur le salaire, sur le prêt de personnel, etc.

Les derniers évènements sont éloquents, au nom de la négociation, les élus du personnel de la société PEUGEOT ont subi un véritable chantage :
"Acceptez une baisse de salaire, une augmentation du temps de travail, et dans ces conditions nous fabriquerons le nouveau modèle."

L’objectif de ce dispositif n’a d’autre conviction que de rendre les salariés plus corvéables afin de devenir encore plus rentables. Mais pour qui cette rentabilité ?

Pas pour les salariés à qui on demande toujours plus d'efforts, sans contrepartie. La rentabilité en entreprise ne se mesure plus seulement à la capacité à produire des richesses, mais aussi à cette capacité de réduire les effectifs de l'entreprise, de comprimer la masse salariale au maximum pour une même charge de travail.

Vous me direz que cela a toujours existé, mais au sein du MEDEF, on cherche à aller plus loin encore au nom de la flexibilité et de la rentabilité, condition à la compétitivité.
Un exemple me vient en tête, le prêt de main d'oeuvre, de personnel, aussi appelé prêt de compétence. 

C’est quoi le prêt de personnel ? L’idée est simple et facile à comprendre. Les salariés dans des secteurs non chargés de travail seront entraînés vers d’autres secteurs plutôt chargés (service – direction – sites- société -groupe). 
Le prêt de personnel n'a rien a voir avec la polyvalence au travail, ou la mobilité choisie, c'est la volonté du patronât de faire des économies sur la masse salariale.

Le risque ? Comme pour les heures supplémentaires obligatoires, c'est d'être licencié parce que vous refusez de changer de poste, d'activité, de société...

Le premier ministre a donc raison de vouloir aboutir sur cette réforme "sécurisation de l'emploi" qui rappelons le doit comporter des volets notamment sur les licenciements abusifs, sur les contreparties à apporter aux salariés d'une entreprise en difficulté.

A suivre...

Commentaires

  1. Le Medef ce n'est pas uniquement le CAC 40 comme l'a fait croire la droite pendant longtemps, et comme pour négocier il faut être deux à table, autant trouver du temps et des lieux de débat.

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  2. Et sans contrainte de préférence...

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