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A Florange, le dialogue social est mort

J'avais écrit déjà il y a trois semaines que F.Hollande décevait de plus en plus. Qu'il n'avait pas su se servir de la légitimité des urnes, que le début de son quinquennat donnait l'impression que les mesures prises semblaient inefficaces. Parce qu'il fallait parfois trancher ou faire dans le consensus, au risque de déplaire dans les deux cas, sa politique est de moins en moins comprise. Mais là avec ce nouvel épisode d'ArcelorMittal, le peu de crédibilité du couple exécutif vient de partir en lambeaux. Avec Florange, l'idée que Francois Hollande voulait restaurer le "dialogue social" est partie en fumée.

Si F.Hollande était resteé dans l'ombre de son premier ministre le temps des négociations sur le devenir du site de Florange, une fois interpellé par les syndicalistes suite à l'information du retrait de la candidature par Mittal du projet Ulcos1, F.Hollande a "promis" que le projet Ulcos2 verrait le jour, allant jusqu'à dire qu'il se portait "garant" de l'accord.
Manquerait plus qu'il ne soit plus "garant" d'un accord dont il est à l'initiative ! Mais comment "promettre" que le site de Florange sera retenu, quand le nouveau choix de Ulcos2 sera arrêté par Bruxelles courant 2013 ? C'était maintenant qu'il fallait faire en sorte que Mittal tienne ses promesses, d'autant que le site de Florange était le mieux placé, même avec les difficultés techniques.

Et puis il y a la méthode qui laisse à penser qu'on nous a menti dans cette affaire. Le gouvernement se paye les syndicalistes.

L'existence d'une annexe à l'accord, confirmant à minima que tout n'avait pas été dit dans un premier temps, rend amer.
Si il est vrai que le couple exécutif était au courant de la volonté de Mittal de retirer la candidature du projet Ulcos1, pourquoi l'a t-on appris par un communiqué de Bruxelles ? Il aurait été plus aisé d'annoncer la réalité du projet industriel, les salariés en lutte depuis plusieurs années déjà étaient prêts à tout entendre. Qui n'a pas tout dit ? Qui ment dans cette affaire ? Mittal ? Le gouvernement ? Les deux ?

François Hollande et J-Marc Ayrault ont une nouvelle fois déçu. Le fond de cet accord déçoit  mais la forme, la méthode employée pour aboutir l'est encore plus. Pour un gouvernement qui voulait restaurer le dialogue social, on constate que les organisations syndicales ont été écartées des négociations.

Toutes les organisations syndicales en charge de négocier avec le gouvernement savent maintenant à qui ils ont à faire.

Commentaires

  1. Déçue aussi, on sait tous que la politique est menée comme une partie de poker menteur mais parfois, on aimerait bien que les joueurs se rappelle qu'il y a des hommes et des femmes en grandes souffrances derrière le rideau. Alors, de temps en temps, il serait intéressant, voire légitime et humain de lever le voile..

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    1. Oui, nous avons eu droit là à un bel écran de fumée...

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  2. Arrêtons de se voiler la face avec Florange ! Le gouvernement a évité le plan social. C'était l'objectif qu'il s'était assigné. Et il l'a atteint. La filière chaude n'est pas rentable. La nationalisation n'aurait rien changé à cette situation. Plutôt qu'une liquidation judiciaire du site pure et simple, qui aurait signifié des licenciements secs, le gouvernement a incité Mittal à reclasser le maximum d'ouvriers du site vers la filière froide. Les hauts fourneaux ne redémarreront plus, il ne faut pas se leurrer. Le gouvernement n'a trompé personne dans cette affaire. Ce transvasement de personnel était la moins mauvaise solution.

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    1. Pfff il n'a jamais été question de liquidation judiciaire ! Cette filière est rentable, les clients sont là, il est surtout question du niveau de "profitabilité".... Et puis au-delà des 600 emplois, il y a les intérimaires, les sous-traitants, pour lesquels il n'est rien prévu.

      Mais mon billet était plutôt orienté sur la méthode de négociation du gouvernement, qui a clairement écarté les élus du personnels. Eux qui connaissent les tenants et aboutissants, les nécessités d'investissements pour sauvegarder l'outil de travail. Ce qui laisse clairement à penser que les "vérités" du projet d'accord entre Mittal et le gouvernement n'étaient pas bonnes à dire. En ce sens il y a eu tromperie.

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