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Une flexibilité qui pose des questions.

Certes, il y a des avancées intéressantes dans le projet d’accord sur la « sécurisation de l’emploi », mais comme le dit Juan « on ouvre la porte » par la négociation, par accord d’entreprise, à la baisse des salaires. Il est là l’élément majeur de cet accord.

Parce que pour le reste nous avons déjà des règles du travail qui permettent beaucoup de flexibilité (intérim, CDD, licenciement économique, conventionnel, etc…) Non, ici, le MEDEF a réussi à faire passer l’idée que c’était aux salariés de financer le chômage partiel ou même d’accepter des baisses de salaires sans baisse du temps de travail, et ça temporairement, jusqu’à 2 ans toute de même.

Ce type d’accords négociés  dans les entreprises prévoit de maintenir les effectifs en échange de concessions des salariés en matière de rémunérations, de durée du travail, d’organisation du travail et de mobilités forcées.
Nous voyons déjà fleurir dans la branche automobile des exemples flagrants d’atteintes au Contrat de travail à Durée indéterminée.

Le dernier en date est celui engagé par Renault. Il a été proposé aux syndicats de finaliser, avant fin janvier 2013, un accord ayant pour objectif un nivellement des conditions sociales sur celles de leurs collègues Espagnols.

Il faut rappeler que Renault a signé en Espagne, dans le contexte que nous connaissons, un accord qui prévoit d’allonger la durée du travail, de limiter les hausses de salaires et de réduire les primes de nuit.
En échange Renault envisage de créer 1300 CDD de 18 mois, je dis bien CDD, avec des salaires inférieurs aux CDI en place. Voyez ici, ce que l'on dit de ce chantage à l'emploi.

Dans un même temps Renault a dégagé, au 1er semestre 2012, un bénéfice net de 746 millions d’Euros et son numéro 1, le PDG, a vu sa rémunération friser, écoutez bien,  les 10 millions d’Euros annuels soit 466 fois le salaire d’un ouvrier.

L’encadrement des accords compétitvité emploi voulus sous Sarkozy, « ouvre la porte » à la généralisation de ce type de négociations, il faut les combattre !

Qui jugera de la légitimité de l’application de tels accords ? Des délégués mal élus ? Et pour les entreprises sans OS ? Et pour les petites et moyennes entreprises ?

le niveau de profitabilité rentrera-t-il en ligne de compte réellement ? Ou continuerons nous à dire que tel ou tel site n’est pas assez rentable alors que le groupe dont-il fait partie est bénéficiaire ?

Elle va jusqu’où la solidarité en entreprise ? Cela s’appliquera-t-il qu’aux salariés dit « productifs » dont on rentabilise le coût du salaire sur les ventes ou charges de travail ? Là encore quel taux de marge légitimera la nécessité de tels accords ?

Un salarié qui ne pourra supporter une baisse de salaire, n’aurait d’autres choix que d’être licencié ?
Que faire des factures EDF, du loyer, du coût des études des enfants, etc… pour les salariés concernés ? Deux ans c’est long !

Vous l’aurez compris, ce ne sont pas les salariés qui seront bénéficiaires de tels accords. Par contre, Carlos Gohn doit bien se marrer.

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