samedi 21 septembre 2013

Contrat de génération, l’échec annoncé d'un coup politique

Ils sont mauvais. Droite, gauche, de tous les courants politiques, ils ne sont pas nombreux à proposer des idées, des mesures en phase, une idéologie qui rencontre les attentes, les besoins auxquels aspire l'opinion publique. Au gouvernement comme dans l'opposition, ce sont les mêmes sérénades qu'on nous propose.

Quelques exemples de l'actualité récente étayent ce constat. Aujourd'hui je veux parler de la "vraie fausse bonne idée" qu'est le contrat de génération de François Hollande.

Sur le front de l'emploi, F.Hollande insiste et répète avec insistance qu'il réussira à inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année, ce que tout le monde souhaite. Mais quand il déclare encore dimanche dernier lors d'un JT de 20h, "On est tout prêt du but", jugeant que la mise en oeuvre de dizaines de milliers d'emplois aidés commence à porter ses fruits, ça frise le manque de réalisme, pour ne pas dire plus.

Techniquement c'est possible, mais les derniers chiffres des leviers actionnés et dont on espère qu'ils permettront la baisse escomptée, tels que ceux des emplois aidés, montrent que le compte n'y est pas[*]. L'échec est cuisant sur le contrat de génération, le gouvernement espérait voir signés100 000 contrats en un an, à peine 10 000 le sont, les contrats d'avenir sont également à la peine.

Rapidement, le dispositif est orienté vers les PME de moins de 300 salariés qui ont la possibilité d'attendre un accord de branche à la place d'accord d'entreprise.
A l'inverse, dans les grandes entreprises, où la mise en oeuvre du dialogue social est plus courante, les accords d'entreprise sur le contrat de génération sont signés, mais on préfère bien souvent les pénalités -10% d’allègement de charge sur les bas salaires, puisque il n'y a pas souvent une grande proportion de ces bas salaires dans ce type d'entreprises.

Si l'objectif de ce contrat de génération est bon, sa mise en oeuvre est ringarde. Voilà l'exemple typique du coup politique qui pourrait répondre à de vraies attentes, ici le chômage des jeunes et des seniors, mais qui ne rencontre pas le succès parce qu'il a été mal traduit dans les textes.

Ils sont mauvais.

[*] Au 2e trimestre 2013, le taux de chômage en France métropolitaine s'élève à 10,5%, en hausse de 0,1 point sur 3 mois et de +0,7 point sur 1 an.

8 commentaires:

  1. Ouep.
    Si les patrons ne jouent pas le jeu.
    Et avec leurs envies de produire autant avec moins de personnel, c'est pas prêt de s'arranger.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'incitation a ses limites, faut les obliger.

      Supprimer
  2. Ils sont plus que mauvais : ils sont néfastes à toutes les idées qui constituent la gauche française. Ce jacobinisme parisien, ces gambettes au patronat, ce pseudo-marxisme vidé de toute sa substance... rien dans ce qu'organise ce gouvernement ne présage du bon.
    Alors que faire ? La résignation ou la lutte ?
    Et quelle lutte ? Dans quel contexte ? Faut-il réinventer le socialisme ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonnes questions Selune.... mais si on ne peut attendre des "grands changements" escomptés par F.Hollande, j'ai quand même l'impression qu'un changement de mentalité s’opère au sein de nos sociétés...(trop)doucement (protectionnisme économique, dumping fiscal, etc..) de toute façon nous y sommes obligés à moins d'accepter que la France continue à s'appauvrir....

      Supprimer
  3. Il n'y a malheureusement pas que les contrats de génération qui sont mauvais : tout est mauvais, de la réforme des retraites à la politique sécuritaire François Hollande met ses pas dans ceux de Sarkozy, et nous devrions nous réjouir parce qu'elle est menée par un homme qui se prétend de gauche ?

    RépondreSupprimer

Modérez vos commentaires !